
Rien sur Robert , film français de Pascal Bonitzer, sorti en 1999 |
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Distribution:
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Fiche technique:
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A la suite d'une critique qu'il n'aurait pas du écrire sur un film bosniaque qu'il n'a pas vu et d'une dispute avec son amie Juliette, Didier va voir sa vie changer et ses repères s'effondrer. Juliette le quitte pour un autre. Il rencontre une jeune fille étrange, Aurélie, ainsi qu'un certain Jérôme, qui est peut-être son double. Au bout du chemin, il lui faudra découvrir qu'on n'écrit pas et qu'on n'aime pas impunément. Le point de départ du film est directement inspiré de l'affaire Underground
de Emir
Kusturica. Pascal Bonitzer a tourné un film cruel où le spectateur ne peut prendre qu'un certain plaisir aux gifles assénées à Didier car celui-ci ne provoque qu'une antipathie justifiée. Le fait que le personnage soit excellemment et d'une façon très sobre interprété par Fabrice Luchini, acteur crispant,sans parler du personnage médiatique, et habituellement dévorée de logorrhée verbale, renforce l'effet. Ce bon film comporte deux scènes majeures: l'humiliation verbale et publique infligée à Didier au cours d'un dîner par un Michel Piccoli sans pitié et celle, dans un café, par sa fiancée (Sandrine Kiberlain) qui lui assène crûment les grandes qualités de baiseur de son nouvel amant comparées aux siennes. Celle-ci, dure comme un caillou, détaille de manière hyperréaliste ses expérimentations sexuelles "comment je me suis faite sodomisée par E B et comment j'ai tâché les draps avec plein de merde". Mais un autre sujet vient peu à peu se greffer sur le premier et, finalement,
prendre le dessus, au risque de gripper la machine comique: une sorte
de modélisation anthropologique des rapports amoureux en milieu urbain.
En gros, une loi du triangle, pas proprement originale, qui fait qu'on
n'aime vraiment sa ou son partenaire que quand elle ou il vous nargue
avec un tiers. Personne ne s'appelle Robert dans le deuxième opus de Bonitzer. Le prénom renvoie à une réplique furtive, hors intrigue, balancée négligemment pendant la pause déjeuner, à propos du poète Robert Desnos. Il n'est pas interdit, toutefois, de faire parler ce titre qui met un point d'honneur à ne rien vouloir dire. D'une part, le film, évoque de très loin Desnos, par ses embardées surréalistes, ses accès oniriques ou cauchemardesques ou poétiques. D'autre part, s'il n'y a rien sur Robert (Desnos) dans la librairie, on peut présumer qu'il n'y aura jamais rien non plus sur Didier (Temple). Didier ne pourra jamais inspirer ni compassion ni empathie. Le plaisir du film consistera à suivre, à bonne distance, le spectacle des épreuves humiliantes et expiatoires que subit le brillant scénariste. C'est un film pas complètement réussi, peut-être, mais où les défaillances sont compensées par les prestations exceptionnelles des acteurs et par l'ambition propre à Bonitzer de sonder, une parcelle, si exiguë soit-elle, du désordre psychologique contemporain. |
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